✖ Samedi 28 Juin 2008, ~ 23h45 ✖ ✖ Aujourd'hui c'était la saint Jean. C'est donc la fête des ouvriers vignerons. A Verzenay il y a un feu d'artifice à 23h00. Les rues sont décorées et tout le monde descends en bas du village voir le spectacle.
✖C'est un jour que j'aime et que je deteste. Cette année plus que d'autre je le deteste.
✖D'habitude lorsque la nuit est tombée les guirlandes de lumières illuminent la rue de milles couleurs, le vent caressent doucement les fanions triangulaires qui virevoltent accrochés d'un toit à l'autre et les sapins se sont vêtus de roses de papiers multicolores, de haut en bas de chaque rue. J'aimais alors, juste avant de descendre, rester quelsques instants à la fenêtre de ma chambre, accoudée à son rebord, et regarder calmement ce paysage lumineux qui s'offrait alors aux passants, et à moi par conséquent! Je respirais le doux air chaud d'été, à peine rafraîchit par la nuit naissante. C'était à chaque fois un instant de belle solitude. La nuit, les étoiles, les lumières colorées, l'impression d'avoir sa petite place dans le vaste univers...
✖Mais évidemment rien n'est jamais aussi beau qu'il n'y parait. Chaque année je me dis que cette fois-ci je ne descendrais pas voir le feu d'artifice. Mais chaque année j'y vais quand même. Si je n'aime pas ce jour de l'année, ou plutôt cette nuit, c'est qu'elle me renvoit toujours dans la figure que je suis seule ici. Car comme tout jour de fête, le soir les jeunes sortent ensemble faire la fête et d'amuser entre eux. Ils se réunissent avant, vont voir le spectacle ensemble et termine la soirée en musique et ambiance festive. Moi, rien. Je suis seule, je descends seule, puis je retourne chez moi et vais me coucher. Seule. Personne n'a remarqué ma présence, personne ne s'est demandé où j'étais. Car c'est comme ça depuis toujours. Je les entends rire et crier, moi accoudée à ma pauvre fenêtre, essayant tant bien que mal à donner un peu de vie à ces vielles décorations, comme ça au final je me sentirais peut-être accompagnée par quelque magie qui les eut illuminées pour moi. Et moins seule... J'allais omettre de parler de la fanfare qui sillonent les rue dans l'après-midi. Tout les ans elle passe dans ma rue et s'y arrête! Ma rue est étroite mais elle est l'une des dernières à être décorée de bon coeur par ses habitants d'années en années! Encore une fois c'est seule à ma fenêtre que je mires les joueurs tambouriner et souffler dans les divers instruments dont ils sont affublés, tout à chacun dans un costumes bien à eux! Ils s'arrêtent juste en face de ma fenêtre puis repartent après avoir jouer quelques minutes pour nous. Et avant le début des pyrotechnies, les gens du village accompagnent la fanfare jusqu'à l'endroit où seront tirées les fusées, et les enfants portent du bout de leurs mains des flambeaux bariolés perchés sur des manches, au coeur desquels brillent la flamme d'un petite bougie. Quand j'étais petite moi aussi j'avais un flambeau, et mon père me le tendais sur un long piquet! Tout le monde suivait le cortège mélodieu.
✖ Mais tout ça se perds...
✖ Ce soir la rue ne brillait pas car ses habitants n'ont pas accrochés les guirlandes. Seuls les fanions font des zigzags en hauteur. Dans le noir leurs couleurs sont ternes, ils servent depuis tant d'années... La commune ne nous a pas donné la possiblité de mettre des sapins, bien sur la rue de Monsieur le Président du comité des fêtes, encore un de ces vignerons plein d'argent, aura elle droit à son lot de sapins, quand aux autres... Alors voilà que des branches pas très fraîches seront maladroitement suspendues ça et là, et vu la quantité quelques rouleaux de papiers d'une même couleurs auront amplement suffit à enjoliver rapidement la verdure. Je ne passerais pas la tête par la fenêtre, le petit vent n'est pas au rendez-vous, la rue est morte, l'étincelle est partie... La fanfare n'est pas passée comme à l'accoutumée, avant je l'entendais arriver de loin, aujourd'hui rien. Elle a commencé en début de soirée et est partie directement en bas, pas de flambeaux, rien. Dans l'après-midi je rencontrais un de ces jeune que je connais bien et qui me dit qu'il passerait me chercher avec de ses potes. Les heures passèrent, et un quart d'heure avant le tirage personne ne s'était présenté. Sûrement m'avait-il oublié... Ma mère vient me voir dans ma chambre et me dit qu'elle descends de suite, je passe mon manteau et nous partons. 23h15 je suis de nouveau chez moi. Je ferme les volets, au dehors il n' ya plus rien à voir. Tout est silencieux. C'est la fin.